La littérature cambodgienne d'hier et d'aujourd'hui.

 

Les temps anciens.

Autrefois au Cambodge, les poèmes épiques et les contes populaires étaient transmis oralement, tradition qui perdure encore de nos jours chez certaines minorités du Nord et du Nord Est.

Les premiers écrits furent des vers en Sanskrit inscrits sur des feuilles de palmier à l’époque angkorienne (du 9ème jusqu’au 13ème siècle).

L’œuvre la plus ancienne écrite en Khmer est le Reamker, la version cambodgienne du Ramayana, raconté sur les bas reliefs des temples.
A partir du 17ème siècle, des poèmes appelés « chbop » furent écrits par les moines dans le but d’enseigner la morale aux novices.


La littérature à l’époque coloniale.

Une littérature plus basée sur le monde contemporain, mais toujours basée sur les thèmes classiques, commença d’émerger au milieu du 19ème siècle. Mais ce n’est qu’en 1908 que l’écriture Khmère fut imprimée, lors de la publication de « Pantan Ta Mas » (Les recommandations du Grand Père Mas).
Cependant, la littérature imprimée à grande échelle eut du mal à se développer au Cambodge, en raison de l’opposition des moines qui voyaient là une désacralisation de la langue écrite.
La littérature ne fut considérée comme un art que dans les années 1930 et 1940, lorsque furent publiés des nouvelles, des pièces et des romans dans des magazines.
Citons notamment « Sophat », le roman de Rin Kin publié en 1938, ou celui de Kim Hak, « Tek Tonle Sap », l’eau du Tonlé Sap.
L’Ecole Française d’Extrême Orient créa la Bibliothèque Royale du Cambodge.
D’autres romanciers célèbre durant cette période furent Nhok Them, Mith Sokhon et Nou Hach, qui sont encore populaires de nos jours.

 

 

L’émergence d’une littérature moderne et contemporaine.

Entre 1938 et 1972, plus de mille romans furent publiés, depuis des histoires de detective et des romans d’adventure jusqu’aux romans historiques, romans d’amour ou de mystère.

Après l’indépendance, la littérature cambodgienne fut mise au programme de l’éducation nationale cambodgienne.

Les auteurs cambodgiens furent pleinement reconnus lorsque fut créée l’Association des Ecrivains Khmers en 1956.
Entre 1975 et 1979, il n’y eut de création qu’à travers les paroles des chansons Khmères rouges. Cette période engendra une littérature de fiction ou autobiographique, exprimant les souffrances endurées. Le plus célèbre de ces ouvrages est « The Killing Fields » (La Déchirure) de Dith Pran, dont un film fut tiré en 1984.
Dans les années 1980, au moment de la République Socialiste du Kampuchea, le gouvernement encouragea la création littéraire sur le socialisme et la reconstruction du pays par des prix récompensant des romans, poèmes, chansons et pièces de théâtre, et encouragea les « masses » à sortir de l’analphabétisme. Il y eut également une forte demande de littérature « d’évasion ». Pal Vannirath écrivit ainsi une douzaine de romans sentimentaux.
Cependant, beaucoup d’écrivains de cette période, comme Mao Samnang et Pal Vannirath, ne parvinrent à publier leurs écrits sous forme de livres, mais forgèrent leur réputation en les distribuant eux-mêmes auprès des lecteurs sous forme de manuscrits ou photocopies, sur des stands installés dans des marchés.

A partir de 1989, la censure cessa, et comme beaucoup de gens se mirent à préférer la télévision et la vidéo, les romanciers se mirent à écrire des scénarios, ce qui était plus lucratif pour eux.

De la littérature Khmère écrite par des Cambodgiens vivant en France ou aux Etats-Unis commença de voir le jour dans les années 1980 et 1990.

Un certain nombre des livres écrits sont de précieux témoignages racontant la vie de l’auteur durant la période Khmère rouge. Durant cette période, les communautés cambodgiennes à l’étranger montèrent également des associations diffusant et préservant la culture khmère, par exemple aux Etats Unis le « Khmer Studies Institute » dans le Connecticut, le « Cambodia Foundation » au Texas, ou à Paris le Centre de Documentation et de Recherche sur la Civilisation Khmere (CEDORECK), qui republia un certain nombre de classiques.
Des auteurs vivant à l’étranger comme Biv Chhay Lieng et Soth Polin republièrent leurs anciennes œuvres ou en créèrent de nouvelles, comme le fit également Pech Sanwawann, un auteur des années 60 résidant en France, et certaines nouvelles œuvres furent écrites par de nouveaux auteurs tels Chuth Khay, qui écrit depuis les années 70, ou Duong Ratha qui vit aux USA.
A partir du début des années 1990, l’émergence au Cambodge de nombreux journaux eut un gros impact sur la littérature cambodgienne, car cela permit la publication en épisodes de très nombreux romans, parmi lesquels des histoires d’amour, des thrillers et de la littérature fantastique.
Six romans de Say Khun, l’un des auteurs phare du journal Rasmei Kampuchea Daily (Lumière du Kampuchea), furent ainsi publiés entre 1993 et 1994.

La littérature cambodgienne aujourd’hui.

La difficulté pour les auteurs cambodgiens d’aujourd’hui, même pour les plus connus, de vivre de leur art les pousse de plus en plus à écrire pour la télévision et la vidéo. Il existe cependant des prix encourageant la publication de nouveaux manuscrits. Il s’agit par exemple de l’Angkor Prize, du Preah Reach Samphear Prize, du Preah Suramarit Prize, du Queen Indradevi Prize, du Preah Sihanouk Prize et du Samdech Hun Sen Prize.
En 1993, l’Association des Ecrivains Cambodgiens revit le jour en tant qu’ONG indépendante, grâce à deux de ses anciens membres. L’association comptait presque 200 membres en 2002. Parmi eux, moins de la moitié travaillaient à temps plein comme auteurs.
La nouvelle génération d’écrivains qui fut aidée par l’Association des Ecrivains Khmers inclut des romanciers comme Ouch Vutha, Uom Niroth, Hou Yath et Nget Sophorn, des poètes comme Sok Sothon, Pol Pisey, Uk Sau Bol, Eum Sarom, Som Sophierin et Hy Kim Siep.
Les écrivains émergeant depuis 1999 incluent Yem Samna, Wa Samart, Un Sok Hieng, Phu Yaat et Saim Phuneary.
Cependant, l’Association des Ecrivains Cambodgiens a souffert ces dernières années d’un manque d’argent, et un certain nombre d’auteurs sont retournés travailler pour la télévision Khmère ou des chaines étrangères présentes au Cambodge, et de nos jours, les journaux, à quelques exceptions près, n’offrent plus aux auteurs l’espace qui assura il y a quelques années la publication de nombre de leurs romans.
Le marché est dominé actuellement par les classiques de l’avant guerre, ce qui suggère qu’un sentiment de nostalgie est présent chez les lecteurs.
Ce dossier sur la littérature du Cambodge est la traduction résumée d'un site internet en anglais. Il sera augmenté plus tard avec les résumés d'autres pages html consacrées à la littérature khmère ou à un auteur en particulier. A terme, ce dossier sera donc une synthèse de tous ces sites internet.